Je ne pourrais dire l’indicible mais il me reste de fantastiques souvenirs. La soirée de départ de mon frère en fût une avec chanson, super bouffe (carne y mariscos al disco) et bonne rigolade. La sortie au cajon del maipo suivie de la visite mi-bourrée des très select vigne concha y toro. Et bien sur 4 jours au nord, 3 français, 1 Fiat japonaise, 40 CD. Roulez jeunesse, en voiture Simone, attrapez la queue du Mickey, voici ma version officielle complètement subjective des faits !!!!
Nous sommes donc partis tôt un matin en prenant direction « al norte » sur la panaméricaine. On peut pas se tromper, c’est tout droit sur des milliers de kilomètres direction les states. On s’arrêtera avant, objectif Ovalle, un village perdu dans la montagne d’où nous espérons pouvoir ensuite rejoindre un parc national présentant les vestiges d’une civilisation indigènes (peintures, grottes, gravures,…) désormais disparus.
Avant cela, il faudra rouler 700 km entre pacifique et cordillère pour finalement arriver jusqu’à ce que les chiliens appellent le pré-désert, c.a.d. des collines de poussières
parsemées de cactus secs. Nada mas et je te promet que durant 300 bornes et bien tu croises pas un village, pas une station service sous un soleil de plomb et une route qui fond…pas un bruit dans la voiture, on regarde la puissance du désert.
Nous arrivons donc à Ovalle après 7 heures de route et décidons de ne pas nous arrêter et de continuer jusqu’au fond de la vallée vers le parque monumental pichasca et là ça devient grandiose. Les montagnes s’élèvent, elles deviennent jaunes et roses, immenses, belles et hostiles, les gouffres s’ouvrent si bien que le vertige monte parfois. Et dans cette vallée si hostile pousse du raisin, de la papaye et bien d’autres fruits grâce au monumental barrage qui retient les moindres suintements des montagnes. Une offense qui permet aux hommes de vivre.
On continue, la route, elle, se termine, on continue quand même, la maruti passe en mode 4x4 sur chemin de terre et de caillou. On s’arrête enfin devant un dénivelé trop fort. On continue à pied. 6 km sous un soleil de plomb, la poussière est partout, en bas le ruisseau et sa verdure, en haut les pierres noirs et la terre rouge.
Malheureusement notre aventure s’arrêtera là, il reste encore 12 km à parcourir pour arriver sur le site. Tant pis, on reviendra et puis on est déjà au bout du monde.
On redescend. Là, le cours d’eau a été dévié pour former une piscine naturelle. Tout le monde se baigne de 7 à 77 ans, il n’y a que ça à faire, se rafraîchir au bout du monde.
On reprend la route, direction Coquimbo, port de pêcheur, où une amie de Natalia connaît une bonne adresse pour dormir. Effectivement, c’en est une. Une auberge style colonial à moitié délabré ayant appartenu au consul de France vers 1900 et le tout avec vu sur la baie.
Nous sommes au royaume du fruit de mer, buena barrata. On se régale de coquille saint jacques et autres poissons dont le nom m’échappe.
Le lendemain, relâche. Journée plage à totoralillo.
Le soleil est chaud, la plage est grise-blanche, mon estomac acide à cause du rhum de la veille et les ceviches-empanadas de mariscos super ricos. C’est dans ce genre de moment qu’on pense le plus qu’on est bien l’été à l’autre bout du monde, loin du béton et de la grisaille (même si ma Dordogne me manque).
Le soir, je me rappelle qu’on s’est inscrit à un tournoi de ping-pong et que j’ai gagné Olive en demi-finale et gagné tout court en buvant des verres de rouge et en fumant beaucoup de cigarettes. Jusqu’à très tard on a parlé espagnol comme on pouvait et puis une piscolada (pisco-coca) est venue nous faire tituber pour de bon. Alors je me suis appuyé à Olive ou le contraire et on est rentré.
Evidemment, le réveil à 8h fut douloureux mais comment ne pas être exciter par le fait de partir pour la valle del elqui. L’endroit où le ciel est le plus pur du monde, où le soleil donne naissance au pisco et aux papayes, où l’on se sent tout petit face aux montagnes gigantesques (5000-6000 m).
A Vicuña, notre port d’attache dans la vallée, on loge dans un « hôtel » style péruvien dont le patron vit à Montréal, tenu par sa maman super adorable. Le soir, il nous invite à venir manger un asado avec eux mais on peut pas, on a réservé pour aller voir les étoiles de plus près à l’observatoire Mamalluca. Comme les cieux sont capricieux, point d’étoiles ce soir là, il préfère nous envoyer vers le barbecue de Manolo. Nous y allons felize et encore une soirée excellente avec des gens de différents horizons réunis par la volonté d’un homme qui revient au pays pour apporter son ouverture d’esprit. Sont présent des habitants de Vicuna, un agriculteur qui exporte son pisco, un jeune qui dirige les vendanges et qui nous raconte ses difficultés de gérer 200 personnes males payées pour vendanger sous un soleil de plomb de 11h à 23h.
Ce soir là, la conversation avec Manolo fut précieuse pour moi. Il est difficile de comprendre au premier abord la relation que peut avoir un européen en amérique latine et surtout au Chili, pays le plus fermé de tous. Il m’a donné quelques clefs pour me sentir plus proche de mon nouveau pays d’accueil. Je ne les développerai pas ici, ce serait inutile. Il faut venir et sentir les choses.
Viendez

Quand vous voulez !!!
PS : Ce message n’est en aucun cas soumis à la pression de l’office du tourisme chilien.
PS’ : Special BIG UP à mes compagnons de route, Carole (on reprend un p’tit pisco sour ?) & Oliveure (on reprend une p’tite branlée au ping pong ?)
PS’’ : Merci SUZUKI sans qui ce voyage n’aurait pas été possible.
PS’’’ : Je tiens à répondre à mes compères JB, Théo et Olive. Oui, Inès aura un p’tit frère (pas Pancho) ou une p’tite sœur mais pas tout de suite s’il vous plait.
Je vous tiens au courant.
Voilà, c’est fini.
Un énorme bisou à tous en direction de Paris, Quinsac, Bègles, Bordeaux, Libourne, Montpellier et Ouaga.